Menu
MON ROMAN : " Si j'aurais su j'aurais quand même venu ".

MON ROMAN : " Si j'aurais su j'aurais quand même venu ".

Le Coup de gueule d'un Chti'lien à l'heure du repli identitaire. Une histoire qui a Lille pour décor. Le vécu d'un immigré au moment de devenir Français.

Résume complet + extraits? Cliquez

" Un p...&/%*# de livre!", Capitaine Haddock
" Il y a désormais un avant et un après "si j'aurais su"...", Patrick Passe le poivre d'Abord
" Mi hijo! ", ma mère

Au moment de remplir son dossier de naturalisation, l'idée de devoir rassembler tant de paperasse lui donne la nausée. La démarche froide et administrative le replonge pourtant dans son passé, depuis son arrivée en France avec ses parents, à la fin des années 70, jusqu'à son adolescence dans cette ville du Nord.

Sur son chemin, Lucie, française aux origines flamandes, va réaffirmer en lui son envie d'en être un : français.

Traversé d'humour, de gueulantes, de tendresse, le tout avec pleins de mots espagnols dedans, le roman à la fois interroge et s'interroge sur l'identité, au sein d'une société qui de plus en plus a peur de l'autre.

Le regard d'un immigré sur son pays.

> Présentation de l'auteur en bas de page.

>L'acheter? Cliquez ici.

Extraits : 

Sanchez... Soit disant lors d'une « rencontre » entre  deux mondes, la babiole nous as été amenée y a plus de cinq cent ans. Mouais. Que je sache, les conauds de coños, les conquistadors, et les indiens ne se sont pas assis autour d’une table pour boire un café, discuter de la pluie et du beau temps et « reprendrez vous un autre tacos, monsieur Pizarro ? ». Sans les Pedro et autres Maria bonita arrivés en masse sur ce qu'ils nommeraient l'Amérique, je porterais un nom inspiré des forces de la nature, à l'image des indigènes du fameux El Dorado. Du poétique quoi! Mais on ne l'as refait pas l'histoire. A peine débarqués sur l'île de StDomingue, les espingouins de la Mancha ont mis tout le monde au régime hispano : lances, viols et maladies matin midi et soir ! Les sauvageons avaient beau s'égosiller la voix à répéter aux messieurs sapés de ferraille que tout ce qui brillait n'était pas de l'or, queneni, les matamores s'en tapaient. « Madre mia de las Mercedes del Santo Jesus ! Depuis quand des êtres se présentant nus et sans rougir auraient droit à la parole? ». Bienvenidos à la « syphilisation » ! Avec en bonus des amen cautionnant les faits et gestes des briseurs d'Hymens, et que dieu vous pénis lors de vos missions procréatrices. Pas un hasard si colon rime avec Colomb.

Ils sont beaux les Sanchez. Le fruit du « métissaaaage » lit-on dans les livres... Le fruit de siècles de tournantes espagnoles plutôt. Par contre, le chileno est arrivé trop tard à la distribution de pommes saillantes et de zyeux bridés. Résultat, pas de tignasse noire ni de flûte de pan autour de mon cou.

----------------------------------------------------------------------------------

Foutudo dossier...

De m'imaginer le nez enfoncé dans les classeurs, aux paquets d'années toutes emmêlées, j'en ai le front alourdi. Au lieu de ce passé comptabilisé, conclu par des politesses et autres salutations en bas de pages,c'est plutôt du parlant, du vécu avec des tripes, que je glisserais bien dans le dossier, Monsieur le Préfet. Des photos de ma vie à la gauloise, accompagnées d'articles de journaux jaunis par le temps, de lettres manuscrites finissant par un « Te quiere tu padre », plus un tas de billets de concerts. Vous le verriez net mon attachement au pays. Du sérieux. Sans compter les heures passées à discuter de l'élaboration d'une sauce au poivre, ou de l'intérêt d'ajouter du pain d'épices à la carbonnade flamande. Dans mon quartier, je l'ai cherchée à la loupe la baguette digne d'une vraie de vraie boulangerie, à la mie aérée, croustillante, alvéolée, toute dorée. Et tout comme mes papilles ne se sont pas faites prier pour savourer les délices de vos terroirs, ma matière grise, elle, n'a cessé de s'enrichir d'un sans nombre de noms. Et pas des moindres, ceux figurant au panthéon de  mes goûts ! Avec l'humour mi rêche mi velours d'un Desproges, les romans migrateurs signés Cendrars, le style et le mot façon Queneau, l’élégance javanaise de Gainsbourg, l’œil aiguisé bichrome d'un Depardon,  l'athéisme mordicus d'Onfray, la réplique poétique dans un film de Carné, l'étourdissante verve Luchinienne, cultivés par hectares mes jardins ! De grands noms parmi lesquels figurent, dois je vous le rappeler, des immigrés.

Foutudo dossier, tas empâté de critères... Mais attends voir de quelle voix je me chauffe. Pas prêt d'avoir dit mes derniers maux ! Je finirais bien par les gravir, ces échafaudages de paperasse. Et tant pis si, ensuite, je  dois encaisser des retours à l'envoyeur parce que « dossier incomplet », faire la queue auprès de bureaux pour récupérer un certificat civil, passer par le bureau de presse afin de me procurer des timbres fiscaux aux prix faisant mal au portefeuille. J'irai ! Sans quoi, gros malin, jamais je pourrais passer à l'étape suivante.

THE grand frisson, le vertigo, dit-on. 

« L'entretien d'assimilation ».

------------------------------------------------------------------------------

Puis quoi... naturalisé, je le suis déjà depuis un bon moment, Monsieur le Préfet. Une naturalisation au gré de rencontres, à tâtons, rafistolé en route, façonnée sans que date ni heure ne l'enregistre dans des fichiers. Sur elle, pas la moindre trace de tampons à l'encre bleue, de ceux qu'assènent les faiseurs de règles du jeu. Elle n'eut besoin d'aucun hymne entonné ni de « charte des droits et devoirs du citoyen français » à signer en bas de page. Non, la mienne n'a heureusement rien à voir avec la vôtre, qui, dans le passé, enrôla des indigènes pour en faire de la chair à canon, ou bien durcit ses critères à l'heure des discours identitaires. Les pieds enfouis dans cette terre, la tête à ras des nuages, ma nature a fini par se fondre dans votre plat pays. Au point même de s'y confondre ! Alors, ne vous vexez pas si, au moment de lui remettre sa carte d'identité, tel un collier à fleurs tressées, elle explose d'un fou-rire lors de votre cérémonie. 

Fernando Sanchez est né le 12 avril 1976 et arrive en France ( Lille ) un an après. Il retourne dans son pays durant les années quatre-vingt dix pour, définitivement, revenir dans sa ville adoptive. Durant les années 2000, il a fondé une association, colores latino americanos, organisant des événements autour de l'Amérique latine et animé une émission sur cette région du monde sur Radio Campus Lille. Il est actuellement cuisinier, percussionniste et organisateur de rendez vous lectures mensuels.